BOUILLETTES NATURES OU CHIMIE LOURDE ?

BOUILLETTES NATURES OU CHIMIE LOURDE ?

BOUILLETTES NATURES OU CHIMIE LOURDE ?

QUESTION DE BON SENS…

 

Au risque de me répéter et sans avoir peur d’insister lourdement, j’attache une grande importance à la température de l’eau ainsi qu’à la richesse ou inversement la pauvreté du lac que je pêche.  Ces deux éléments à eux seuls et bien plus que tout le reste conditionnent tout le raisonnement qui suit et se traduit jusque dans l’élaboration des appâts ( bouillettes ).  Quitte à faire grincer des dents et remettre en question certaines idées reçues, voici notre théorie.

 

La chasse aux protéines.

Considérons dans un premier temps la pêche en eau pauvre, autrement dit, tous les plans d’eau de PH inférieurs à 7 et 7 inclus. Nous avons vu que les carpes de ce plan d’eau n’atteignent jamais des tailles extraordinaires faute de nourriture naturelle surabondante.  En d’autres termes, les poissons souffrent d’un manque crucial de protéines responsable de leurs perpétuels déplacements.  Cette carence et ces mouvements continus s’offrent comme une opportunité aux pêcheurs qui disposent dans l’arsenal des produits, d’additifs fabuleux comme les extraits de foie, les protéolysats de poisson, les huiles et les farines de poissons, les concentrés de produits marins, les hydrolysats de protéines, la bétaïne, j’en passe et des meilleurs.

BOUILLETTES NATURES OU CHIMIE LOURDE ? Philippe avec une très jolie commune au beau milieu des roseaux.
Philippe Mahin

En terme d’attraction pure, tout ce qui contient une bonne quantité d’acides aminés, de vitamines, tout ce qui profite sainement à la carpe sur le plan nutritif s’avère redoutable en matière de pêche.  Les arômes chimiques et les huiles essentielles apportent une note attractive supplémentaire dont il ne faut pas se priver.  Bref, vous en conviendrez, tout ce qui a été développé ces dernières années dans la rubrique appâts haut de gamme améliore globalement le rendement de la pêche pour ces conditions particulières.

 

Quand les bouillettes haut de gamme font pâle figure.

Ce qui semble acquis à un endroit ne l’est pas ailleurs. Sans cesse il faut chercher pourquoi la réussite vous échappe.  Et c’est exactement ce que nous avons fait ! Et bien que nous soyons deux (donc en théorie nous réfléchissons deux fois plus vite) nous avons pourtant été longs à comprendre que les meilleurs appâts « haut de gamme » précédemment évoqués font quelques fois « pâle figure » dans les eaux riches.  Cela peut surprendre à froid, mais c’est avec le recul nécessaire exactement ce que nous pensons.  J’évoquerai pour éclaircir le fond de ma pensée et peut-être vous convaincre trois raisons fortes qui à elles seules justifient le désintérêt qu’éprouvent les carpes suralimentées des eaux riches (PH > 7.5) pour ces appâts sur-protéinés.

 

Le mystère noix tigrée enfin élucidé.

En présence de nourriture naturelle, Le premier réflexe des pêcheurs consiste à essayer de la reproduire au niveau des appâts. Première erreur ! Parce que les appâts ne vivent pas, il est illusoire d’essayer de le faire.  Essayer de le faire ressembler à tout ce dont les carpes se gavent à volonté ? C’est peine perdue d’avance ! Même, si l’on y parvenait, cela équivaudrait à augmenter à l’extrême la quantité de cette manne permanente qui ne joue pas en notre faveur.  En rajouter une couche provoque exactement le même effet que d’amorcer à nouveau un coup rendu improductif parce que trop amorcé.  Ce point de vue admis aide à élucider pourquoi un grain de maïs, une noix tigrée ou une graine de lupin séduisent encore tant de grosses carpes.

 

Bouillettes acides….mais pas trop.

En second lieu j’attirerai votre attention sur le phénomène d’ « attraction » pure.  Nous savons maintenant que les carpes seraient attirées par des arômes synthétiques dont la variété ne semble pas les rebuter.  En dehors de l’odeur et du goût qu’ils véhiculent dans l’eau. Il semblerait que ces assemblages de molécules chimiques des arômes ne laissent pas les carpes indifférentes. Certains plus que d’autres par ailleurs ! Les arômes sont des produits acides pour la plupart. Les huiles essentielles également sont particulièrement acides (PH 2.5 – 3 – 4 selon les huiles). Ces concentrés aromatiques par excellence, issues des plantes aromatiques elles-mêmes, sont également très attractives pour les poissons d’eau douce.

Quand on introduit ces arômes et ces huiles dans un appât en quantité justifiée, on l’ acidifie. De ce fait, le produit fini est légèrement plus acide que l’eau que l’on pêche. Je suis persuadé que ce petit écart, ce delta d’acidité est loin d’être innocent dans le phénomène d’appel et qu’il joue un rôle d’attraction prioritaire sur la composition moléculaire de l’arôme. À l’inverse, l’acidité excessive des appâts peut être mal perçue par les poissons.  Considérons qu’une bouillette, normalement constituée, légèrement acidifiée par l’arôme et l’HE ait un PH de 5.5-6 et que cette bouillette soit destinée à pêcher un milieu de PH 7.  Ce faible écart de PH entre l’appât et l’eau est un facteur favorisant l’attraction, donc générateur de touches.  

Concernant les eaux riches :

Si l’on destine le même appât à un plan d’eau riche de PH 8.5. L’écart de PH devient alors trop important et semble dissuader les carpes de mordre.  J’en veux pour preuve le maigre succès des huiles essentielles utilisées à outrance dans les eaux riches. Alors qu’elles cartonnent la plupart du temps dans les eaux pauvres !  Pas de panique, je ne suis pas plus chimiste que vous. D’ailleurs, je n’utilise toujours pas de Phmètre… et rarement des bâtonnets révélateurs, exceptionnellement pour confirmer l’estimation « au pifomètre »  du PH d’une nouvelle eau que je pêche.

 

Un penchant pour les glucides.

Pour terminer de justifier mon point de vue ! Je tiens à rappeler qu’un bon nombre de signatures à fait par le passé l’apologie des « craps baits ».

 Traduction :  « craps baits / bouillettes de merde>> car, pauvres en protéines  mais riches en glucides. Ces grandes « pointures » me semblent suffisamment crédibles pour avoir essayé avant d’en parler.  Autrement dit, ils s’étaient aperçus, sans en connaître les raisons exactes, que des bouillettes banales composée de semoule, aromatisées et sucrées prenaient plus de carpes que les recettes pointues. Ces dernières faisant généralement appel aux additifs de luxe que nous connaissons désormais.  Autrement dit, quand les carpes évoluent dans un milieu qui les nourrit abondamment, elles auraient un penchant certain pour le sucre (lent ou rapide), facteur d’énergie.  Mais maintenant, le temps des « craps » est révolu.

Pour conclure :

Nous verrons dans le prochain article, qu’il y a mieux à faire et comment tirer le meilleur parti de certains additifs stratégiques en pareilles circonstances.  >>>

Les frères MAHIN

One Comment

  1. Vargas Michel

    Salut Michel et Philippe. Merci pour cet article car c’est avec plaisir que je peux à nouveau vous lire. J’apprécie cette lecture car il y a longtemps que j’étais arrivé à la même conclusion, à part une partie, sur l’écart de ph entre la bouillette et l’eau du plan d’eau, que je ne réservais que pour les peches sur la vase à fort ph( odeur noseabonde de la bouillette sortie de l’eau et noircie par la vase). Grâce à un ami qui m’affirme qu’il faut descendre fortement en ph de la bouillette, c’est à dire utiliser des parfums à faible ph, comme fraise ph 2, 7 ainsi que cramberry ph 2,9, je parvenais à prendre des carpes sur cette vase. La bouillette gardait sa couleur et son parfum. Merci car ça m’a permis de remettre cette vérité dans mon esprit. Signé Michel des Landes j’espère que vous allez bien. Nous nous voyons tous les deux ans au forum.

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