DÉTERMINÉ COMME JAMAIS 2

 

 Deuxième partie 

Les rumeurs et leur ampleur…

 

 Ce n’est pas sapé, mais déterminé comme jamais (rires) , que je m’apprêtais à aborder notre troisième week-end consécutif et toujours avec autant d’entrain qu’au premier. Cette fois, le poste sur lequel nous arrivions n’était pas celui que nous espérions, mais le seul qui était encore vacant.

 Malheureusement, les températures remontantes avaient attiré une nuée de carpistes, arrivant de tous les horizons. Dès lors, c’était véritablement devenu la croix et la bannière, pour parvenir à se créer un petit chemin au beau milieu de toute cette horde de pêcheurs. Ces derniers occupaient désormais les lieux en permanence en amorçant copieusement leurs postes, à la hauteur de leur espérance. Un espoir démesuré, sollicité par la diffusion d’anciennes rumeurs : le fruit de toutes ces élucubrations en question était censé être une belle carpe commune dépassant allègrement la barre mythique des 30 kilos ? D’ailleurs, mon vidéaste-pro, auquel on avait promis les prestigieux clichés de ce soi-disant spécimen, garde encore secrètement l’espoir de les recevoir un jour !!!

<<Bref, les rumeurs et leur ampleur !>>

 Pour ne pas à avoir à réécrire plusieurs fois le même scénario et vous servir quelque chose de rébarbatif et lassant (installation), j’écrirais simplement, que nous nous étions installés sur ce nouveau poste… Et qu’hormis quelques moustachus que mon fils semblait beaucoup apprécier et avec lesquels il adorait prendre la pose, nous n’avions rien d’exceptionnel à vous déclarer ce jour-là. A part peut-être, que nous allions sûrement nous reconvertir à la pêche du silure en batterie…

Enfin un signe !

 Une semaine plus tard, Nous sommes de retour et bien installés sur les berges de cette ballastière, et en particulier sur le poste numéro Seth (Gueko), que j’avais préalablement aplani avec ma petite Peugeot. Au cours de cette journée, l’impensable c’était produit, en voyant apparaître un dos bien proéminent à l’aplomb d’une de mes lignes : bien noir et surtout peu habituel. La pression était montée tellement haute qu’un mégot avait été nécessaire pour essayer de détendre l’asticot.

L’attente n’avait d’ailleurs pas été très longue, car un premier départ avait surgi, avant ma dernière bouffée. J’étais au septième ciel ! Mais hélas, j’avais dû y redescendre aussi rapidement que je n’y étais monté, en m’apercevant que je venais de piquer un nouveau silure. Sincèrement, à cet instant précis, c’était vraiment peu de dire poliment que :

<<ces gentils bestiaux commençaient sérieusement à m’agacer !!!>>

 Et, la suite des événements avait ressemblé à une chanson de Claude François (Cloclo), car j’y prendrais aussi : sa mère, son père, ses frères et ses sœurs, ohoh, ce sera le bonnheeurrr, ohohohoh,… Bref, un véritable truc de dingo !!!

 Certains pêcheurs s’en contentaient volontiers, surtout ceux qui les recherchaient activement. Mais à titre personnel, je n’en pouvais tout simplement plus ! Ces billes Monstercrab et ce Dip étaient juste terribles ! Ils avaient vraiment l’air de les apprécier nos appâts, voire de beaucoup trop les apprécier !!!

 Le week-end suivant le tonton était de la partie. Il est venu de loin avec l’espoir de capturer son premier silure. D’ailleurs il avait acheté et préparé tout ce qu’il fallait pour atteindre cet objectif, et nos trois sorties effectuées ensemble s’étaient soldées…par trois scénarios identiques aux précédents.

 Je tournais désormais en rond autour de cette ballastière énigmatique, en la pratiquant en long, en large et en travers. Toutes les semaines se ressemblaient, et c’était toujours le même refrain qui tournait en boucle :

<< jamais capot, mais jamais les bons poissons >>

 Nous ne les comptions plus désormais, s’en était vraiment de trop ! La réalité du terrain rattrapait vite l’espoir attisé au début de cette histoire, qui lui, malheureusement, finissait par se consumer petit à petit…

Remise en question ?

<< Il faudrait peut-être essayer de changer d’approche ou d’appâts, mais lesquels choisir ?>>

 Afin d’éviter les nombreux départs de silures qui se généralisaient sur l’ensemble du plan d’eau, tout le monde pêchait à la noix tigrée. Il faut dire que l’eau était désormais bien chaude et qu’ils étaient affamés les pépères, bien voraces, cela, je peux vous le garantir. Pour preuve, ils se bouffaient même entre eux ces imbéciles ! J’en ai d’ailleurs été témoin lors d’une de mes sorties…Une scène tellement déconcertante, qu’elle mériterait à elle seule, que je lui écrive un petit récit…

Mais, elle me nargue !

 Lors d’une autre sortie, Quasimodo, c’est le nom que j’avais donné à cette carpe, m’avait fait grâce de laisser apparaître son joli aileron noir, sur un poste voisin. À un endroit bien précis que j’avais déjà eu l’occasion de pêcher. Et le comble ! C’est qu’elle se manifestait souvent, et toujours à aplomb des spots que j’avais préalablement sondés et repérés. A part elle, aucunes autres manifestations n’était venu percer la surface du miroir, cette année-là. C’était le seul poisson qu’il m’ait été donné d’apercevoir et de traquer, et à peu de chose près, je pouvais aisément deviner le trajet qu’il empruntait régulièrement et le sens dans lequel, il le parcourait…

Une lueur d’espoir

 Par le plus grand des hasards, en allant faire réparer un pneu chez Point S. L’issue d’une conversation avec l’un de ses monteurs, avait pris une tournure vraiment inattendue…Car, ce dernier connaissait mieux que quiconque la ballastière sur laquelle je pratiquais vainement, depuis des mois. En effet, l’ayant souvent pratiqué par le passé, avec une très grosse pointure du milieu. Les renseignements qu’il avait pu me communiquer étaient certes, très intéressants ! Mais, une information capitale allait peut-être changer le cours des choses et devenir la clé de notre future réussite. La recette des appâts qu’ils utilisaient ensemble et avec lesquels ils cartonnaient vraiment à cette époque… Des billes maison réalisées avec un mélange épicé, contenant une bonne part d’ail en poudre ( Robin-red/Ail ).

C’est au moment de repartir du garage, que leur slogan avait pris tout son sens, car j’étais reparti sans stresset regonflé à bloc…(rires) et …

Robin-red/Ail
C’est reparti !

 Au bord de l’eau avec de jolies billes fraîchement roulées, bien rouges et parfumées d’une puissante odeur qui aurait fait fuir tous les vampires du coin, s’ils existaient vraiment ! Par chance une équipe d’Hollandais s’apprêtait à quitter le poste qu’elle avait occupé pendant quinze jours , sans voir l’ombre d’une caudale. Mais, cela va sans dire, celles de nombreux silures, bien sûr ! Ils étaient curieusement, aussi dépités que je l’étais avant d’avoir parlé avec ce monteur. Nous nous y étions installés avec mon fiston, qui avait eu l’occasion de toucher trois brèmes, dont une tanche qui était juste, énorme ! cet après-midi-là…

 

LUÏSOU
 Et, bien évidemment, pour ne pas changer, quelques jolis sujets à moustaches, pour ma pomme….

Le temps passait, passait… et mes sorties se soldaient, parfois par de jolis doublés…

Bienvenue à PARADISE CAT’S !!!

Dernière ligne droite ou de droite…

 Octobre, de nombreuses semaines s’étaient écoulées…
Et, une session parmi tant d’autres, suivait tranquillement son cours à PARADISE CAT’S. En fin de journée, entre deux prises de silures, que vois-je apparaître au large, au-dessus de mes lignes de droite ? Je vous la donne en mille : Quasimodo !!!

Quelques heures plus tard, j’enregistre un énième départ sur une de ces deux cannes,

<<oh punaise ! C’est peut-être lui ? Je le tiens enfin !>>

 Mais, il n’en sera toujours rien et je remonterai un silure de plus. J’aime autant vous dire qu’à ce moment précis, j’étais réellement dégoutté, mais à un point !!! Que vous ne pourriez même pas imaginer ! Bon ben voilà, c’est définitivement mort !!!

 J’en avais réellement ras la casquette ! D’autres pêcheurs auraient probablement lâché l’affaire depuis belle lurette en pliant bagage. Cela m’avait d’ailleurs traversé l’esprit, mais mon petit Luïs qui prenait toujours autant de plaisir à être au bord de l’eau avec son papounet, n’était pas vraiment décidé à vouloir rentrer.

De plus, mes nouveaux appâts ne les décourageaient même pas, je dirais même que c’était tout le contraire ! Tout y passait, du silure en veux-tu ? en voilà ! Peut-être une quinzaine de prises, ce jour-là, je ne me souviens plus exactement, mais ce fut la pire journée siluristique de ma vie.

Il se faisait tard, blasé, j’avais décidé de ne pas réamorcer mes spots, et de relancer deux de mes montages eschés de billes écarlates sur ma gauche et ma dernière ligne de droite, avec une châtaigne d’eau, sur le secteur où j’avais aperçu Quasimodo.

 Le début de soirée s’était déroulé sans encombre, avec la capture, avant minuit, d’un ……poisson dont je ne pouvais plus prononcer le nom, tellement ils me cassaient les bonbons ! Mais, à deux heures du matin, un départ franc m’avait fait sursauter de mon bedchair. De suite, j’avais rapidement enfilé mes waders pour pouvoir accéder à mon trépied qui baignait dans 50 cm d’eau…

Contact ! avec un poisson qui m’avait fait immédiatement ressentir ses furieux coups de tête, accompagné d’un combat plutôt nerveux, similaire à tous ceux que j’avais l’habitude d’avoir dans ces lieux, pfffffffffff, allez encore un !!! Je pompais et ce poisson se rapprochait lentement de l’épuisette. Et finalement ! mes jambes s’étaient mises à trembler, en apercevant l’inattendu dans le faisceau de ma frontale:

punaise, c’est une carpe !!!

 

 J’étais dans tous mes états, je ne vous explique même pas le haut degré de bonheur et de satisfaction qui m’avaient envahi, en voyant cette commune entrée dans le triangle. Quoiqu’il m’en coûtait et malgré cette heure plutôt tardive au bord de l’eau…

Pour laisser s’exprimer ma joie :

Je me suis mis à hurler comme une bête sauvage au beau milieu de toute cette épaisse obscurité. J’étais vraiment très heureux et d’ailleurs, je sentais les larmes couler sur mes deux joues, une véritable délivrance !!

Nom de zeus ! J’ai enfin réussi !!!

 Réussi, ce qui me paraissait encore impensable l’après-midi même ! Tout flagada, j’essayais de reprendre un peu mes esprits, avant de retourner sur la rive avec mon poisson-trophée, à bout de bras. Une fois en sécurité dans notre cradle, j’avais eu le temps de contempler d’un peu plus près, cette pure merveille. Et là, ma joie avait été d’autant plus grande en m’apercevant que cette carpe, n’était tout autre que mon fameux Quasimodo, le poisson qui me narguait déjà depuis un petit moment. Et, la cerise sur le gâteau ou devrais-je plutôt dire : la châtaigne sur le gâteau, car je l’avais attrapé grâce à cette esche. Pour le coup, cet appât inédit, qui me servait habituellement à pêcher l’amour blanc, avait bien rempli sa fonction en me récompensant de la meilleure façon.

Châtaignes d’eau
Ma star du jour sera encore plus jolie le lendemain, à la lumière du soleil. Je n’avais pas pour habitude de mettre un poisson au sac et encore moins de prendre des photos inutilement. Mais, dans ce cas, la situation était bel et bien différente, et jamais, je n’aurais été capable de faire l’impasse sur cette étape. Une séance vidéo réalisée avec plaisir, par mon petit Luïsou.

D’ailleurs, pour être honnête avec vous, je n’avais même pas pris la peine de relancer ma canne et je m’étais empressé de remonter les deux autres. Mon objectif étant atteint, il ne m’en fallait pas plus pour être le plus heureux des hommes. C’est donc, avec un esprit grandement soulagé et une joie intense que j’étais retourné me recoucher, pour m’abandonner paisiblement dans les bras de Morphée. Après toutes ces péripéties, toutes ces heures passées au bord de cette ballastière, pour un seul poisson, soit ! Mais quel poison ! Il n’a pas d’égale à mes yeux, il est, et restera, ce que je considère être : le poisson de ma vie et pourtant Dieu sait que c’est loin d’être le premier.

OCTYLUM

Constat fait

 Bien souvent, c’est lorsque l’on a perdu tout espoir que des choses inattendues surviennent dans la vie. La persévérance finissant toujours par payer, je ne saurais trop vous conseiller de toujours garder espoir, et d’avoir confiance en vous quoi qu’il arrive. Il ne faut jamais baisser les bras, et se battre de tout cœur pour les choses auxquelles on croit…

Pour ma part, cette expérience aura vraiment été une merveilleuse leçon de vie. Je ne suis jamais retourné pêcher la carpe en ces lieux, et Dieu m’en garde, car par la suite, le fédéral m’avait fait savoir que seulement quatre poissons avaient été capturés cette année-là, stupéfiant ! Non ? D’ailleurs mon ami Philippe, le cuistot au début de la première partie de cette histoire, avait également réussi à réaliser l’impensable en capturant une jolie carpe miroir.

Bon, malgré mes médisances, il s’est aussi fait prendre une très jolie commune avec des noix tigrées géantes et si cette dernière en avait mangé deux kilos de plus… A moins que le garde ne m’ait menti ou se soit fait duper ? Mais j’en doute fortement, car son professionnalisme et son intégrité sont exemplaires !

Chers lecteurs , le temps des aurevoirs est malheureusement arrivé, mais à n’en pas douter, je reviendrais vite vous en conter d’autres, des histoires, car des histoires, il m’en reste encore un plein tiroir.

Octylum

 

 

 

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*