DÉTERMINÉ COMME JAMAIS

 

DÉTERMINÉ COMME JAMAIS

 

Première partie

Qu’il soit physique ou moral. l’état d’épuisement, dans lequel une session infructueuse peut nous plonger, est parfois profond ! Mais, l’acharnement irraisonné qu’occasionne la réitération d’une telle expérience, une année durant, l’est tout autant ! Est-ce que ce jeu, parfois dangereux, en vaut la chandelle ? La meilleure réponse, que je puisse vous apporter se trouve dans cette improbable histoire, relatant une aventure pour le moins… Allez, une petite touche de mystère, lisez et vous saurez… Peut-être !

 C’est au cours d’une terrible vague de froid venue de Scandinavie que cette histoire a vu le jour et plus précisément en janvier 2016. Je m’en souviens parfaitement bien ! Car, les souvenirs qu’elle a laissé dans ma mémoire et notamment dans mon grenier, sont toujours bien présents pour me le rappeler. Effectivement, lorsque cette perturbation avait traversé notre pays, l’urgente nécessité de renforcer l’isolation de ce dernier avait fait parcourir de nombreux kilomètres à mon oncle pour venir m’assister dans cette tâche. D’ailleurs, après nous en être acquitté, nous avions entrepris d’aller prospecter une ballastière, sur un domaine de ma région.

Une fois arrivé sur les lieux

 Ebahis, nous n’avions pas eu à nous faire violence pour sortir de l’auto et encore moins besoin de faire acte de bravoure pour affronter ce froid , car les conditions étaient idéales pour ne pas rester de glace ! En effet, la nature nous avait récompensé de la meilleure des façons, en arborant sa plus jolie parure du moment. Une pluie verglacée, suivie d’une grosse gelée avait laissé derrière elles, un décor blanc, scintillant et brillant de mille éclats sous celui d’un soleil radiant. Bref, un paysage à couper le souffle. Et du souffle, nous en avions eu besoin pour parvenir au terme de la longue prospection, qui suit… A première vue, des bordures escarpées et l’eau cristalline du moment laissaient apparaître une grande diversité de coquilles de gastéropodes et d’unionidés, ainsi que de nombreuses carapaces d’écrevisses vides. Les nombreux arbres immergés qui jonchaient cette rive nord, la plus sauvage, constituaient de véritables garde-mangers. En présence d’une telle abondance de nourriture naturelle, la réflexion commune qui en avait découlé nous avait fait dire, que ce plan d’eau abritait probablement des poissons de taille conséquente…

 En avançant, pas à pas sur les pas pressés de mon tonton, le son qu’émettait notre piétinement sur ce sentier couvert de feuilles cristallisées , ressemblait étroitement à celui des chips lorsqu’elles craquent sous nos dents (rires). Par contre, ce qui l’était moins : risible ! C’était le sentiment, que m’avait laissé ressentir la superficie de cette ballastière. Eschée de doutes, la ligne fine qui menait à la raison avait brusquement rompu et m’était revenue en pleine figure, me faisant prendre conscience que mes compétences allaient probablement être justes pour m’aventurer sur ces 43 hectares. Mais bon, aucunement désespéré et excité comme un chien fou, j’étais parvenu à soulager ce moindre mal avec ce dicton, qui reflétais bien la situation dans laquelle je me trouvais à cet instant <T>.

Avant de s’attaquer à un os de bœuf, il faut déjà avoir rongé quelques os de poulet…

Dès lors, le secret espoir de capturer quelques jolis poissons dans cette ballastière, s’était attisé dans nos esprits.

<< C’était scellé, cet endroit était celui que nous allions pêcher cette année !>>

Quelques mois, se sont écoulés…

 Depuis notre dernière prospection, un hiver rigoureux avait laissé place à des températures plus clémentes. Mais, également à un aléa naturel qui nous avait contraint de faire preuve de patience, jusqu’à ce jour : celui de notre première session ! Effectivement, le débordement annuel de la rivière qui longe le domaine, l’avait totalement submergé. Cet événement à double tranchant avait d’ailleurs embrumé mon esprit de cette pertinente question :

<<Qu’elle soit impraticable, soit ! Mais, les poissons, dans tout cela ?>>

Qu’elles soient issues de la rivière ou bien des ballastières, les carpes pouvaient laisser libre cours à leurs pérégrinations et, de la même façon, choisir leurs lieux de vie !

<<pile ou face ?>>

 Bref !!! Nous étions désormais sur les lieux, en train de prendre connaissance des dernières places vacantes, suivi de près par nos nouveaux compagnons. Canards et cygnes qui se gavaient des friandises disséminées au sol, par mon petit poucet qui, lui, du haut de sa tour d’observation (mes épaules), faisait mine de m’épauler dans nos démarches. Notre poids et celui de mes bottes, lourdes de boue, foulaient une pelouse encore gorgée d’eau, jaunie, flétrie, mais agréablement fleurie par de jolis perce-neiges, disparates. Nous étions au mois de mars et la végétation laissait entrevoir ces premiers bourgeons, sur des branches défraîchis. En poursuivant notre parcours de santé, nous avions fait la connaissance d’un pêcheur qui occupait un poste qui me paraissait intéressant (activité de surface…) Après avoir entretenu ensemble, une longue et chaleureuse discussion, il nous avait aimablement suggéré de nous installer à ses côtés. Une proposition inattendue, que nous avons rapidement acceptée.

<<Allez, fiston allons décharger tout notre barda>>

 En déchargeant le nécessaire, pour établir notre futur campement, mon binôme du moment m’avait gentiment proposé son aide et d’utiliser son embarcation pour aller déposer quelques unes de nos lignes. Charmante attention ! Mais, je n’avais aucune expérience dans ce domaine ? Finalement, je m’étais laissé guider par un pêcheur plus expérimenté que moi. D’ailleurs, à cet instant précis, je dois vous avouer que je me sentais légèrement puceau, pour le coup ! L’écran de son écho dernier cri, laissait défiler une topographie qui était assez déroutante avec des trous de plus de 6 mètres situés à quelques mètres du bord. Nous avions déposé une ligne dans l’un d’entre eux, une à la pointe d’une île, où se situait un arbre immergé, et deux repères en pleine eau qui balisaient une zone que je pouvais aisément pratiquer du bord.

<<allez, emballé, c’est posé !>>

L’heure du dîner  !

 Nos pions étaient désormais, positionnés sur notre nouvelle planche d’échiquier et nous nous apprêtions à partager un véritable festin, digne de ce nom ! Car, il fallait bien admettre que Philippe ne plaisantait pas à ce niveau-là et qu’il n’était pas du genre à faire dans la demie-mesure. D’ailleurs, un frigo, un congelo, un téléviseur…Tout était présent sur place ! Avant d’aller mettre la viande dans le torchon, nous avions terminé notre repas en discutant autour de quelques cafés et de son réchaud flambant neuf. Le premier sujet abordé, était celui d’une curiosité, qui me chagrinait beaucoup : un arbre au beau milieu du plan d’eau, qui laissait supposer la présence d’un haut-fond, mais non ! il s’agissait bien d’un arbre, mais qui baignait dans une profondeur conséquente, avoisinant les 5 m. Le deuxième, concernait le chenal qui traversait une de ses trois îles, bla…bla…bla… La nuit plutôt calme, qui s’en était suivi, nous avait gratifié de nombreux bips et d’une jolie brème…

Deuxième sortie, la frappe ???

 Après une semaine de labeur, un peu de repos était amplement mérité ! Direction les berges, en espérant pouvoir prendre possession d’un poste préalablement repéré sur google-earth, sa vue satellitaire laissait apparaître des choses qui me paraissaient vraiment dignes d’intérêts, surtout une ! En fait, il s’agissait d’une bande de sable et de graviers qui créait un chemin étroit, il partait de la rive et s’étendait jusqu’aux abords d’une des îles de ce plan d’eau. Une fois arrivés à proximité du poste, nous étions forcés de constater, qu’il était totalement déserté, mais également envahi par de très hautes herbes. Tout ce que j’appréciais en temps normal ! Mais là, sans débroussailleuse, comment allais-je faire ?

Eurêka !

 Moteur aussi chaud que le cerveau du pêcheur (rires), afin de pouvoir accéder à cette berge et établir notre campement. Ma petite Peugeot et mon casque audio me crachant un bon son de Seth Gueko, allaient parfaitement être adaptées à la situation du moment. Ma voiture allait donc me servir à aplanir toute cette pâture…(fait avec l’accord du garde)

Allez, musique : (La Chevalière) ! Marche avant, marche arrière… Patate de forain !

 Gazon tondu à la façon gitane, je déployais vite mon arsenal et dégainais d’emblée une génius xp de son Fourreau. Une canne signée Léon, équipée d’un plomb grippa de 130 grammes qui allait me permettre de caresser les dessous de cette jolie ballastière. Trois tours de sparadrap sur mon index droit et hop ! C’était parti pour une longue séance de sondage, malheureusement écourtée par l’apparent désappointement de mon voisin de droite. D’ailleurs, en se grattant la tête, il ne me lâchait plus du regard et soupirait si fort qu’il parvenait à faire vibrer ses conséquentes bacchantes (rires). A raison de deux ou trois jets par minute, je vous laisse imaginer la légitimité de son mécontentement, plouf, plouf, plouf !!! N’ayant pas pour habitude, de faire à autrui ce que je n’aimerai pas qu’on me fasse et, avant toute chose, apprendre les bonnes manières au fiston !

<<Allez, faisons preuve de bienséance et arrêtons !>>

 Avant d’avoir capituler, cette opération m’avait tout de même permis de déceler, trois langues de grèves et deux hauts-fonds prometteurs, recouverts d’une fine couche d’herbe, à des distances comprises entre 70 et 120 mètres du bord.
Lignes préalablement clippées et marquées à l’aide d’une ligature / élastique. Ces spots étaient désormais prêts à recevoir mes montages et à être arrosés d’un généreux amorçage de bouillettes Monstercrab (dipées).

Choses faites, un petit rangement s’imposait sur notre campement et, en nous acquittant de cette tâche indispensable, nous avions enregistré notre premier départ qui s’était soldé par un joli silure. Rebelote, vingt minutes plus tard, mais cette fois avec un sujet beaucoup plus gros. Toujours aux aguets, cette situation avait attisé la curiosité de notre chaleureux Mr bacchantes et celle de mon voisin de gauche qui, lui, arrivait à grands pas, mais surtout ! pile-poil au bon moment, pour me réaliser une petite séance vidéo. Nous avions rapidement fait connaissance, et cette gentille personne n’avait tout de même pas omis de me dire, avec une certaine retenue :

<<tout à la frappe biche, t’es un grand fada ti !!! >>

<< C’est quoi qu’est-ce que donc ça que la frappe ???>>

<<Ben oui ! c’ brin depuis c’ matin, tous ces incessants lancés, quoi ?>>

 J’y voyais désormais plus claire, évidemment ! pourquoi n’y avais-je pas penser plus tôt ?

LA FRAPPE : lancer ses lignes du bord.

 Après, m’avoir gentiment réalisé un court métrage, mon hôte avait décidé de regagner son camp et avant qu’il ne reparte, je l’avais chaleureusement remercié, pour le petit film qu’il venait de me réaliser et dans lequel je comptais bien extraire quelques jolis clichés. Mais, quelle vidéo !!! La boite était malheureusement vide ? Il n’avait pas appuyé correctement sur le bouton d’ enregistrement ! Soit, il n’y avait pas mort d’homme non-plus, mais ce silure était tout de même notre plus joli sujet !!! grrrrrrr !!!

 La nuit n’avait pas tardé, mes lignes étaient repositionnées aux petits oignons. Bien emmitouflé dans son duvet et ses multiples couvertures, le fiston dormait déjà. D’ailleurs, ses ronflements étaient audibles de mon level, sur lequel, les yeux levés vers le ciel, je contemplais ses innombrables étoiles qui illuminaient l’épiderme de cette jolie ballastière…Une heure plus tard cet épiderme commençait à se rider, avec des flots générés par une brise glaciale, tellement insupportable qu’elle m’avait incité à regagner la chaleur de mon duvet ! Quelques tirettes sur mes lignes, pour m’assurer que ma centrale était bien opérationnelle et hop, au paddock ! La nuit s’était soldée par trois nouveaux silures, dont un beau sujet qui avoisinait les deux mètres de long. Un monstre, correctement filmé par mon vidéaste-pro (rires), venu me faire la bise avant son retour pour sa terre natale.

<<la Belgique une fois.>>

Réconciliation

 Par la suite, Mr bacchantes, Gégé pour les intimes, dont je fais désormais parti, m’avait également fait part de son étonnement, en m’expliquant que cette pratique n’était vraiment plus courante et que pour exploiter cette superficie plutôt conséquente, les locaux utilisaient tous, sans exceptions, des embarcations équipées comme il se doit, ou tout au moins, des bateaux-amorceurs pour les plus jeunes d’entre eux. La tâche n’était pas simple, soit ! mais ne disposant pas de tout cet équipement, avais-je réellement le choix ? Non !!! Bref, nos mutuelles animosités étaient définitivement rompues ! Une question lui taraudait, tout de même l’esprit, à mon Gégé :

<<tu pêche avec quoi Gamin pour enchaîner tous ces silures ???>>

de mon côté, je lui avais gentiment donné mon point de vue :

<<écoute Gégé, sincèrement, je pense que…>>

. Que tous ces incessants lancés étaient probablement la clé, et que le bruit qu’ils avaient occasionné rameutaient sûrement les silures.

. Que le fait de rejeter mes lignes (amorçage compris) à la dernière minute le soir, généralement de nuit, avait peut-être jouer en ma faveur.

. Que mon plomb avait probablement décelé des choses qui peuvent sûrement échapper aux meilleurs échos, car pour le coup, il fallait positionner ces montages à proximité des langues de grèves, mais entre le dur et la vase, et pas ailleurs !

. Que pour tenir le poisson, j’avais imprégné ce substrat à l’aide d’un Dip spécifique, très
goûteux, et principalement composé d’acides aminés et d’autres…

. Que mes lignes clipées, m’avaient permis de gagner mon temps et par la même occasion, éviter le bruit des moteurs, qu’ils n’apprécient pas lorsqu’ils y sont habitués ! Surtout la nuit !

. Que je gardais toujours, mes silures près de moi, pour espérer en faire d’autres et éventuellement laisser le champ libre aux carpes…

. Qu’une quinzaine de billes (maison) par canne, accompagnées de montages simples, mais costauds…

. Que …BREF ! Personnellement, j’étais venu ici pour faire des carpes, et que j’allais tout faire pour y parvenir, cela je peux vous le garantir !

<< allez, mon Gégé, le café est chaud ! >>

Octylum

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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