ESSENCE D’UNE PASSION

Apprendre à marcher au bord de l’eau

 

Mes savates ont trainé sur quelques rivières, la Seine, la Marne, la Creuse, le Tarn, elles ont trainé aussi, il y a longtemps de cela, lorsque j’étais gamin, le long des berges de petites rivières régionales, de canaux ou de petits plans d’eau.

Elles entraient sans peine dans les empreintes si grandes laissées par mon père, prenant les mêmes chemins, juste derrière lui, ma canne à pêche à la main, essayant de suivre, tout petit que j’étais.
Je n’osais faire un écart, de peur de faire un faux pas et me perdre

Mais plus tard, lorsque j’ai appris à marcher plus vite, lorsque j’ai pris de l’assurance, lorsque j’ai cru être « grand » lorsqu’il ne m’ouvrait plus la voie, et que j’ai eu d’autres moyens de locomotion, que la marche à pied, mes savates ont fait des écarts, revenant tout de suite sur ce chemin, celui qui longe la rivière, le canal, ou le plan d’eau le plus proche, comme attirées par la faune piscicole, mais jamais, au grand jamais, elles n’ont pris de routes hasardeuses, (ce sont souvent les plus faciles), elles sont restées sur les voies navigables, me permettant de rester par là même, droit dans …. mes bottes.

Je souhaite à tous les pêcheurs, d’avoir un guide comme celui que j’ai eu, un guide qui marche d’un pas sûr, un guide qui vous montre la bonne direction, un guide qui fasse, avec vous un bout du chemin qui de toutes façons, sera toujours trop court, un guide dont les pas invisibles, m’aident encore à suivre ce chemin.
J’arrête là ce texte, à son souvenir, ma vue se brouille, pourtant il est midi, il fait beau.
Christophe Babec

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