ET SI ON MANGEAIT DU CRABE ?

Et si on mangeait du crabe ?

ET SI ON MANGEAIT DU CRABE ?

 Et si on mangeait du crabe ? Drôle de titre pour un texte sur la pêche de la carpe, non ? On pourrait croire que je vais parler des bouillettes au crabe que certains pêcheurs de carpes utilisent ? Mais non, il n’en est rien ! je veux parler d’un autre crabe, un crabe d’eau douce, bien connu des honnêtes pêcheurs de carpe, un Crabe bien moins comestible que son lointain cousin des mers.

 

Mais avant toute chose,

 il faut expliquer ce qu’est un CRABE pour un pêcheur de carpe.

Un CRABE pour un pêcheur de carpe est un type, un sale type même, qui profite du travail d’amorçage ou de nettoyage d’un poste fait par un autre pêcheur de carpe, pour y aller pêcher avant lui !

Aujourd’hui, avec ce texte, j’invite donc tous les honnêtes pêcheurs de carpes à goûter au plaisir de BOUFFER du crabe ! Mais attention, c’est indigeste ce genre de bête, même… bien assaisonné.

Beaucoup de pêcheurs de carpes redoutent ces CRABES à deux pattes et ont parfois eu des soucis avec eux. J’ai également eu des soucis avec des CRABES, pas qu’une fois, et même avec le nez fin, on n’arrive pas toujours à sentir venir le crabe !

Pourtant, ça pue le Crabe…

Je vais vous raconter la dernière mésaventure que j’ai eue avec eux. Je dis bien avec eux car il y en avait deux, puisque le crabe ne se balade généralement jamais seul. Il n’est pas courageux le Crabe. Il n’y a qu’à voir sa démarche, même sur deux pattes, elle n’est pas franche, directe, mais de travers.

Pour en revenir à ma dernière mésaventure avec des crabes, elle se passe sur le Tarn, sur un poste avec un chemin très escarpé et glissant, un poste qui se mérite : un poste où j’ai promis d’emmener Guillaume.

J’amorce donc ce poste durant une semaine, chaque soir. J’effectue un trajet de 10 km aller et autant pour le retour depuis mon domicile. Cela demande du temps pris sur la vie de famille… Et de l’investissement en terme d’appâts.

Pour arriver à ce fameux poste, il faut passer par un endroit où le sable est dense et toujours humide, laissant voir les traces de pas des pêcheurs y allant.

Durant ma semaine d’amorçage, ayant déjà eu des soucis avec des CRABES, je passe exactement dans mes empreintes de bottes, laissées la veille et je vois bien, que je suis le SEUL à y aller… amorcer.

De ce fait, lorsque nous arrivons le samedi en fin de soirée, je suis surpris, mais pas étonné pour autant, de voir deux types, heu pardon, deux CRABES qui pêchent pile-poil sur les deux endroits amorcés.

On s’est fait CRABER !!!

Je les reconnais, ils avaient déjà pêché un poste que j’amorçais, un an auparavant, mais, tant qu’il y a un doute… je ne pouvais les cataloguer dans une catégorie ou une autre, car le crabe est comme le caméléon !

Il use du mimétisme, il se déguise en … pêcheur !

Faisant l’idiot, je les salue d’un :

« Bonjour, avez-vous fait des poissons ? »

« Oui » me répond le premier à qui je n’ai pas serré la pince pour autant : « on s’est gavé ! C’était l’orgie ! »

Et moi de lui répondre :

  • « Pas étonnant, j’ai amorcé le poste toute la semaine… »

Avec aplomb celui-ci me répond :

  • « Nous aussi on a amorcé toute la semaine !!! »

Notez honnêtes pêcheurs que le Crabe répond généralement cette phrase:

«Nous aussi on a amorcé», lorsqu’il est pris en défaut.

Sauf que là, n’ayant pas vu d’autres traces de pas dans le sable que les miennes, je n’ai plus aucun doute.

Et si on mangeait du crabe ?

Je lui réponds légèrement moqueur :

  • « Vous êtes comme Jésus, vous marchez sur l’eau ? »

Lui ne comprenant pas trop, me regarde avec des yeux de Tourteau. (Ça a un regard con un tourteau hein !)

Je continue donc à le mettre sur le grill en lui disant :

  • « Bah oui, je suis venu toute la semaine et je n’ai pas vu de traces de pas, autres que les miennes dans le sable ! Alors, ne me prenez pas pour un con !»

C’est fatal, si un crabe était passé dans le sable, il aurait laissé des traces !

Là, il devient un peu rouge… la cuisson est bonne je crois.

Et il me dit :

  • « De toute manière, ont allaient plier. »

Ce à quoi je réponds sèchement :

  • « C’est ce que vous avez de mieux à faire »

Ils repartiront comme ils sont venus… J’ai un sourire amusé en me disant : pour une fois que des crabes filent droits ! Sans vouloir faire de jeu de mots douteux, ces crabes, c’est le cancer de la pêche.

 

CRABER : Verbe du 1er groupe, pas encore admis par l’Académie Française désignant l’acte du CRABE déguisé en pêcheur, consistant à spolier une place amorcée et entretenue par un honnête pêcheur.

 

Christophe Babec

https://www.facebook.com/christophe.babec

2 Comments

  1. Sa relatte l extrême vérité, belle article, sa change des appâts 😉

  2. Pour pas te faire craber 😉, surtout c’est toujours dans le domaine public.. Il faut que ton secteur soit inaccessible voir, contrainte physique, et voir de loin pour pas être vu et d arriver deux heures avant le lever du soleil ☀, mais parfois ça suffit pas.. Mais faut pêcher quand même et surtout affronter le problème direct avec les pêcheurs…. Juste la parole suffit pour certains gens civilisés et le partage consiste à leur dire… Toi qui travaille pas vas y en semaine je te donne des appâts pour entretenir le coup mais tu me laisse le week-end pour moi…. Tu fais d une pierre deux coups… Il amorce la semaine et moi j ai grave déroulé le week-end sachant qu il péchait en nylon et qu il se fesait tous le temps démonter à cause des silures de Loire… Mes monster crabe laisser exprès pour le dégoûter de pêcher en rivière ont fait leur job…. Je lui disais d amorcer jusqu’au jeudi inclus… Jamais le vendredi… Tout était réfléchi pour que pour moi ça déroule grave et en tresse je sortais tout…. Comment se faire des amis qui étaient d abord des crabes…. Il se sont servis de toi,au départ… Je m en suis fait des amis certes pas au départ… Et le crabe est devenu pigeon… L intelligence plutôt que les coups… 💪👌😉

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