LE GLAND, UN FRUIT DÉLAISSÉ


Le gland : un fruit délaissé


 Une histoire de gland (rires) Nous sommes tous plus ou moins à la recherche de l’appât miracle. Ou de l’ingrédient qui ferait de nos bouillettes des esches irrésistibles. Les hasards de l’observation m’incitent à penser que ce dernier se trouve régulièrement devant nos yeux. Mais que nous ne les voyons malheureusement pas. Je vais donc vous conter mon histoire avec laquelle j’essayerai de vous faire comprendre ma réflexion et découvrir le cheminement qui m’a amené à trouver l’appât du moment…

 

 Cette évidente révélation c’est produite lors d’une semaine de congé automnale. Au cours de laquelle, j’espérais fortement attraper quelques jolis poissons dans un plan d’eau sauvage de ma région. Un véritable petit bijou de la nature ! Où je me suis beaucoup investi, et sur lequel j’obtenais régulièrement de bons résultats.

Il est quatre heures…

 Ma Carpemobile en mode préchauffage et tout mon attirail m’attendent sagement au frais. De mon côté, je m’empresse de m’habiller chaudement et de boire mon dernier café ce matin-là. Chose faites, je chevauche la belle et après une bonne heure de volant… c’est avec une cigarette au bec que je commence à descendre dans la cuvette profonde d’un de nos bois ardennais. Pour finalement atteindre mon point de destination.

 Une fois stationné, je sors immédiatement de mon coffre tout mon matériel réduit la veille. Afin de pouvoir atteindre mon poste sans attraper une méchante scoliose ! Car celui-ci, lointain, n’est accessible qu’en y allant à pinces, et il se situe tout de même, pffff ! à l’autre bout de l’étang !!!! Je m’engouffre donc avec le dos harnaché de tout cet équipement et ma frontale sur le front, dans une obscurité épaisse, où seul ici, le bruit de mes pas dans les feuilles mortes et celui d’une cascade avoisinante sont perceptibles à cette heure plutôt précoce !!!!

 

 

Parcours de santé

 Après m’être mis dans la peau de Rambo en effectuant un véritable parcours du combattant et en évitant tous les pièges de dame nature. J’arrive enfin sur mon poste avec le souffle coupé, et un dos bien humide. Mais je m’empresse tout de même de monter ma station de travail, et d’escher mes lignes à la seule lueur de ma lampe.

 En attendant patiemment que le soleil veuille faire son apparition et réchauffer un peu cette atmosphère. Je tends attentivement les oreilles à l’affût du moindre saut. Jour levé, l’absence de fouilles apparentes ou d’eaux brouillées ne m’engageront guère à changer mon fusil d’épaule ce jour-là !

Il n’y a vraiment pas le moindre signe d’activité

 Au beau milieu de ce froid et toute cette humidité presque insoutenable, je terminerai donc cette prospection en plaçant mes pièges précisément sur mes spots habituels, et en les amorçant avec des billes Ananas / Butyric (maison).

 

Il est désormais dix heures…

 Malheureusement pour moi, mon détecteur de touche n’a pas émis le moindre son jusqu’à présent. En temps normal, j’enregistre au minimum un ou deux départs sur ma ligne de droite avant cette heure. Celle-ci est pourtant placée correctement sur mon petit haut-fond jonché de nénuphars ? L’heure tourne, tourne… Et je ne vois toujours rien venir.

 Mais je garde tout de même espoir car, mes autres lignes sont placées sur de véritables hot-spots. Pour être plus explicite avec vous : dans une cassure située le long d’une très belle bande de nénuphars. Il m’en a fallu beaucoup de temps pour réussir à décrypter ces postes, et élucider tous les mystères régnant dans ces eaux. Des acquis qui me permettent en temps normal de sortir trois ou quatre poissons entre 11 h et 13 h 50, précisément ! Mais toujours rien à 19 h ???

 Je ne mettrais pas mon approche en doute cette soirée-là et remettrais le couvert dès le lendemain matin. Une seconde sortie au cours de laquelle j’enregistrerai mon deuxième échec. Mais que se passe-t-il donc ?, Où sont t’elles cachées ?

C’est vraiment le néant total…

EURÊKA !

C’est seulement au cours de ma troisième sortie, abordée avec un enthousiasme au plus bas, que je suis finalement parvenu à débloquer le compteur en enregistrant mon premier départ… Et par chance, beaucoup d’autres ont suivi le reste de la semaine !

Quelle réjouissance d’enfin pouvoir apporter une solution à un problème et d’évoluer pleinement dans sa pêche.

THE SOLUTION : Le gland 

 Pour obtenir ce résultat, je suis vraiment allé au bout de ma réflexion en pêchant avec le fruit de mes observations, et ce n’est pas faute de le dire…

Je m’explique : hormis un silence total au cœur de cette jolie forêt, du moins, c’est ce que je croyais jusqu’à présent ! Il y avait tout de même bien un bruit très intéressant auquel je n’avais porté aucun intérêt depuis le début de cette aventure. Car, beaucoup trop commun et ancré dans le décor.

 Un bruit de rafales de mitraillette sous toutes les bordures jonchées principalement de chênes centenaires. Une véritable scène de guerre amplifiée par la réverbération acoustique de cette fameuse cuvette. Eh oui ! Les fruits en question n’étaient pas des munitions, mais bel et bien des glands !

Mais comment ai-je pu faire l’impasse sur une chose aussi flagrante ?

MAIS QUEL GLAND ! (rires)

La raison : un excès de confiance en mon approche routinière et surtout en mes bouillettes fraîchement roulées avec des produits dernier cri, s’il vous plaît !!! Le peu de pêcheurs à ma connaissance ayant eu le cran d’escher des glands au bout de leur ligne, n’ont certes, jamais enregistré beaucoup de départs en procédant de la sorte, mais ont bel et bien évité un capot en le faisant dans des lieux comme celui-ci !

Quand le gland tombe…

 À mon avis, la raison est simple et me paraît crédible : un seul arbre est capable de déverser au sol plusieurs kilogrammes de fruits. Vous multipliez donc ce poids par le nombre de chênes présents, et finalement par le nombre de jours pendant lesquels ils tombent abondamment des branches, et vous obtenez très vite des quantités impressionnantes sur le fond. Le simple fait d’arriver à extraire ne serait-ce qu’une seule carpe au beau milieu de toute cette nourriture ! représente déjà un véritable exploit…

 

LE GLAND, UN FRUIT DÉLAISSÉ


LE GLAND / SAUVE BREDOUILLE 


 Toutes mes constatations me font penser que les carpes aiment beaucoup les glands et sûrement bien plus que l’on ne peut se l’imaginer. Je pense également qu’elles en consomment beaucoup avant l’hiver partout où ils sont présents. Car, hormis le côté nutritionnel (Amidon, vitamines… ) que ces derniers peuvent apporter sur le plan alimentaire, ils les immunisent et les aident peut-être à lutter contre la faim et certaines maladies pendant les grands froids d’hivers ?

Les sangliers le font tous les ans, alors pourquoi pas nos carpes ?

 

LE GLAND, UN FRUIT DÉLAISSÉ

 

Par contre…

 je pense qu’il serait très judicieux d’utiliser cette esche hors saison automnale, pour vous rendre réellement compte de sa véritable efficacité. Avez-vous eu l’occasion de goûter un de ces fruits ? Moi oui ! Et le jour même, ma langue et mon palet s’en souviendront longtemps d’ailleurs ! Et je dois également dire que c’est une des saveurs des plus désagréable que j’ai eue l’occasion de tester dans ma courte vie. C’est vraiment horrible ! Un goût âcre, très amer et astringent qui vous reste en bouche de longues minutes… même après avoir pris le soin de la rincée abondamment avec de l’eau.

Mais comment font-elles pour manger des choses aussi infectes que cela ?

Le gland est… elles le font et régulièrement !

 Quand je pense que l’on nous bassine avec ces farines désamèrisées. Des produits censés améliorer le goût de nos appâts, amoindrir leurs amertumes et supprimer certains facteurs anti-nutritionnels. Qui n’en sont pas forcément !!! Car, il faut tout de même que vous sachiez que l’organisme d’une carpe et ses intestins en particulier (prouvé scientifiquement) savent très bien les éliminer eux-mêmes. Notamment grâce à la production naturelle d’une enzyme appelée tannasse.

 Celle-ci sépare le tanin en glucose et en acide gallique qui a des propriétés antioxydantes et une activité anti-tumorale, antibactériennes à ne pas négliger… Et oui, la nature est formidablement bien faite et n’a pas attendu après nous pour exister.

 

LE GLAND, UN FRUIT DÉLAISSÉ

 

 Je souris discrètement de mon côté ! Attention ! Je ne dis surtout pas que ces produits sont mauvais ! Loin de moi cette idée ! Mais que nous passons désormais à côté d‘un facteur oublié (l’amertume dans ce cas) et que nous avons aussi, malheureusement tout fait pour l’éviter de nos jours ! Mais qui a pu raconter une fois de plus, une ânerie pareille ? Sûrement certains revendicateurs inexpérimentés, qui se réfèrent encore trop souvent aux études et carnets des charges utilisées en aquaculture. Ainsi qu’à nos propres références alimentaires. Et tout cela, sans réellement se soucier des choses inapparentes qui pourraient réellement être bonnes pour nos carpes, mais également ! Et j’ai peine à l’écrire ! Sans chercher à aller plus loin que le bout de leur nez, c’est ce que l’on appelle le progrès !

 

LE GLAND, UN FRUIT DÉLAISSÉ

Le gland : un fruit délaissé A TORT !

 

One Comment

  1. Christophe Métayer

    Oui depuis déjà 4 ans, que j utilise mon ananas Accid tannin pour bien comprendre que dans les eaux riches en nourriture naturelle, le parfum est obsolète, et la farine de gland ajouter à hauteur de 50 gr pas plus augmente les chances de tirer son épingle du jour et je pense même qu une bouillette mûre fait juste avec une décoction de jus de mûres et de farine de gland associés à un mix protéines… Devrait être très bon en début de saison…. Et bien sucré évidemment…

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